Le métro est une salle de cinéma
Se déplacer à 24 images par seconde
Le procédé cinématographique est simple : faire se succéder rapidement les images devant la rétine pour créer le mouvement. Pour cela, le projecteur entraîne la bobine au rythme de 24 images par secondes. Les moyens de transport modernes permettent d’inverser le processus : ce n’est plus l’image mais l’homme qui bouge devant la pellicule. Ainsi, si l’on recouvre un mur de tunnel d’une fresque reproduisant un mouvement décomposé, et que l’on fait passer un train dans ce tunnel…le voyageur sera au cinéma, en regardant par la fenêtre.
Cette idée n’est pas farfelue et a déjà été expérimentée de nombreuses fois, tel ici à Brooklyn. Ici, le procédé a été optimisé : un deuxième mur noir, troué par des minuscules fentes, reproduit l’ouverture/fermeture de l’obturateur. Au final, l’illusion est parfaite.
Pour Marseille, le projet est le suivant :
Dans le tramway de Noailles ou dans le métro, chaque mois un artiste crée et imprime une frise que l’on colle au mur de la paroi éclairée. S’il est vidéaste ou créateur d’animation, on imprimera une pellicule. Il est également possible d’adapter (animer) toute forme d’art : dessin, écriture, danse...
Populaire, cette installation touche un grand public, hors des « lieux d’arts ». Projection tournante, les parois du métro deviennent ainsi un moyen souple pour éclairer la création de nombreux talents locaux ou invités par « Marseille 2013 ». "Le métro est une salle de cinéma" permet une grande liberté créative à travers un média nouveau qui encouragera des modes d’expressions renouvelés. Simple et efficace, ce projet donnerait, à coup sur, une dimension moderne à la ville et à l’évènement, tant par la forme que la création qui en serait issue.
Tout comme Le Festival International du Film Chiant, Isoloirs, Ping Pong, Le métro comme salle de cinéma fait partie d’initiatives désirant dynamiser et rendre populaire la création audiovisuelle moderne en la rendant spontanée, expressive et créative. En effet, nous considérons que le cinéma actuel est, malgré son jeune âge, un vieux média qui se limite souvent à raconter l’histoire d’une tierce personne dont on essaierait d’associer les émotions et les pensées aux spectateurs. Il veut en général divertir tout en restant confortable. À l’instar de la littérature, la peinture ou le théâtre, nous aimerions que l’expression cinématographique – aujourd’hui figée par ses ambitions commerciales (passer a la télé) – redevienne un moyen moderne d’expression. Cela est économiquement possible : chacun peut, avec 1500 euros, devenir producteur d’une série de films HD.
Ces initiatives ont donc deux objectifs : élargir les champs d’expression jusque-là très limités et augmenter la création par des processus rapides, spontanés et par un élargissement de la population créative.








